Philosophie et langage, livre II. Dialogue de la pensée de l’existence avec la philosophie analytique
Le monde semble toujours davantage vide de sens. Le développement technique, la multiplication des richesses, ne changeraient rien à ce non-sens, au contraire l’accroîtraient.
Alain Juranville fait ici le pari audacieux que la philosophie a aujourd’hui quelque chose à dire : il y a du sens à ce non-sens.
On doit dépasser la confrontation, aujourd’hui classique, de la philosophie analytique (Frege, Russell, etc.) et de la pensée de l’existence (Kierkegaard, Heidegger entre autres). La première considère qu’il n’y a de savoir que scientifique. La seconde affirme la vérité de l’existence au-delà de ce savoir démonstratif. L’une et l’autre s’appuient sur le langage. La première le réforme afin d’en faire un langage logique pour la science. La seconde voit dans le langage commun un lieu majeur de vérité de l’existence.
Alain Juranville soutient dans tous ses ouvrages, et décisivement dans Philosophie et langage. Dialogue de la pensée de l’existence avec la philosophie analytique dont le présent volume est le livre II, qu’il y a un savoir philosophique, qui est savoir de l’existence. Il est tout aussi objectif que celui de la science et son objectivité réside dans le langage le plus quotidien. Ce savoir permet justement, de façon absolument rationnelle, de dire le sens, heureux, qu’on doit et peut donner à cette explosion, certes désolante, du non-sens dans le monde actuel.
L’auteur s’interroge ici, avec Wittgenstein, sur les concepts utilisés dans ce savoir, ceux de justice, de vérité, de désir, etc. Comme le faisait Socrate en fondant la philosophie : Qu’est-ce que la justice ? Que vise le désir ?